L'Histoire du Château

L'Histoire du Château



Le nom de Condé doit son origine au celte qui signifie confluent.

Les premières traces de la seigneurie date du XIIIme siècle. Le château appartenait ainsi aux Bénédictins de SAINT PIERRE de Lagny avec tous les droits féodaux en vigueur. Ces derniers en conservèrent la propriété jusqu’au XVème siècle.

Dans le cours de ce siècle, les guerres épuisèrent les ressources du Monastère et l’Abbé de Lagny dut aliéner une partie de ses possessions.

Le château fut donc vendu à la famille VAUDÉTAR, famille originaire de Lombardie, puissante à la Cour et richement pourvue de propriétés dans la Brie.

Pierre de VAUDÉTAR rendu foi et hommage au Roi des terres de Condé-Sainte-Libiaire en 1526 ;

Guillaume de VAUDÉTAR renouvela cet hommage.

Le château fut incendié pendant les guerres de Religions faisant d’innombrables victimes dans Condé sous les règnes de CHARLES VII (1403-1461), FRANCOIS II (1544-1560) et de Henri III (1551-1589).

Le château fut reconstruit dans le courant du 17ème siècle.

La partie église de CONDE, enclavée dans les dépendances du château est dédiée à SAINTE LIBIAIRE. Elle date de 1627 et possède de jolis vitraux de Thiercelin représentant la prise de voile et la décapitation de SAINTE LIBIAIRE. Cette église fut maltraitée dans la seconde partie du XVIème siècle et reconstruite au commencement du siècle suivant.

Dans cette église, on voit le tombeau de Messire Pierre de VAUDÉTAR, Prieur de SAINT DENYS de VAULX, décédé le 23ème jour de l’année 1644.

Le 8 juin 1671, Jean-Louis de VAUDÉTAR écuyer, cède à son frère, Léandre le château accompagné du 5ème de la terre de Condé.



Deux ans après, en 1673, ce dernier céda le château et vendit sa seigneurie qui était dans sa famille depuis près de 2 siècles à Claude PORCHER, un riche bourgeois de Paris.

S’en suivit plusieurs propriétaires, Jacques TILLIARI lequel vendit à son tour le domaine à Michel SAULNIER devenant en même temps Seigneur de Montry qui mourut le 7 juillet 1741.

Sa succession fut déclarée vacante et le 21 mai 1743, les terres de Condé et Montry furent acquises par Monsieur LEMERCIER, écuyer-fourrier des logis du Roi moyennant 145 000 livres.

Au décès de ce dernier, ses héritiers cédèrent le château à Denis-François D’AUGRAN d’ALLERAY devenant le dernier seigneur de Condé-Sainte-Libiaire. Il fut conseiller d’état et lieutenant civil de Paris. Condamné à mort le 9 floréal an II (28 avril 1794), comme contre-révolutionnaire pour avoir envoyé de l’argent à ses enfants émigrés et exécuté le même jour, il répondit à l’un de ses juges du tribunal révolutionnaire de Paris qui lui demandait s’il ignorait la loi interdisant de financer l’émigration : « Non, mais j’en connais une plus sacrée : c’est celle qui ordonne aux pères de nourrir leurs enfants. »

Les biens furent séquestrés et les meubles du château vendus aux enchères le 2 Novembre 1794.



Le château passa ensuite entre les mains de différents propriétaires dont l’un des plus illustres Monsieur ROBERT surnommé Robert LE DIABLE. Un événement tragique ne tarda pas à se transformer en légende.

Ainsi la légende raconte que le 28 juillet 1806, vers 23h00, la demoiselle Marie-Anne TREVIN, dame DESPREZ, alors âgée de 25 ans, domiciliée au château en qualité d’amie de Monsieur faisait une promenade sur la Marne, accompagnée de deux fillettes âgées de 7 ans et 38 mois, ainsi que de sa fille de chambre. À la suite de circonstances inconnues, la légère embarcation chavira et les quatre personnes tombèrent dans la rivière. « Un soir qu’il ramenait ses victimes, en bâteau de la foire de MEAUX, il fit basculer son embarcation au perfuis du Moulin des ROIZES. Après avoir simulé un sauvetage, il regagne à la nage le bord de la rive. Les deux enfants et la femme de chambre furent noyés sur place, la mère, soutenue par ses jupes, fut emmenée par le courant jusqu’à l’Ile du renard ou épuisée elle coule. »

Le château fut ensuite vendu le 5 novembre 1835 à la famille PERIER, dont la propriétaire Madame Pauline PERIER (Marie Cécile Laurence (dite Pauline) Loyer (1788-1861)), veuve de l’ancien Ministre de LOUIS PHILIPPE, berceau du Président de la République.

De cette union, ils eurent deux fils : · Auguste Casimir-Perier (1811-1876), ministre de l'Intérieur dans le gouvernement d'Adolphe Thiers (1871-1873) ; dont son fils. Jean Casimir-Perier, fut président de la République du 27 juin 1894 au 16 janvier 1895 · Paul Casimir-Perier (1812-1897)



Par arrêté Préfectoral du 28 août 1839, approuvé le 30 octobre suivant, Madame Casimir PERIER fut autorisée à ouvrir un nouveau lit à la rivière du Grand Morin, dont le détournement était exigé pour la construction du canal, sous la condition que l’entretien du nouveau lit serait à perpétuité à la charge de ladite Dame ou à celle de ses ayants-cause.

Le 18 août 1841, Madame Casimir PERIER, fonda de ses derniers, une école gratuite pour les filles, dirigée par des Sœurs. Elle donna ainsi à la Commune une maison nouvellement construite dans l’ancien potager du château pour la création d’une école de filles, à la condition que l’enseignement soit donné par une religieuse.

Le domaine de Condé-Sainte-Libiaire fut ensuite vendu à la bougie à Monsieur François CAVÉ, le 22 juin 1852, pour la somme de 100 100 Francs. François CAVÉ fut un grand industriel mécanicien ayant ses ateliers à Paris et Levallois-Perret.

Dès 1839-1840 les premières locomotives de fabrication française sont livrées par les ateliers Schneider du Creusot et de François Cavé de Paris. L'atelier de François Cavé installé en haut du faubourg Saint-Denis employait 600 ouvriers et couvrait 2 ha, en 1840.

A l’époque, le domaine du château de Condé-Sainte-Libiaire est une charmante propriété comptant 21 hectares et comprenant :

- Un corps principal avec 2 ailes latérales avec :

- Au sous-sol : caves voutées avec cuisine, laiterie, fruitier et charbonnier,

- Au rez de chaussée : salon, salle à manger, billard, cuisine, office, bureau, atelier et 6 chambres de maitre,

- Au 1er étage : une galerie, 6 chambres avec cabinet et garde-robe et dans les 2 ailes à la mansart, respectivement 4 et 3 chambres, avec les mêmes aménagements

Au 2ème étage, également mansardé, un grand corridor desservant 8 chambres de service et un grenier.

- Une chapelle et une tribune, dans l’aile Est,

- Trois bâtiments communs entourant et insérant même la petite église du village,

- Au fond du parc, plusieurs bâtiments servant d’orangerie et de serres chaudes.



François Cavé est inscrit à partir de 1856, sur le recensement de la commune, comme « résident permanent », avec son épouse, son fils, sa fille ainsi que le père de sa femme, M. Joseph Combe. La proximité du domaine avec Paris et la présence immédiate de la gare de Montry-Condé lui permettent de continuer à avoir des activités professionnelles, associatives ou familiales sur la capitale.

Conservant toujours sa passion pour les arts mécaniques, il créa, dans l’un des bâtiments au fond du parc, une petite forge et un atelier où il aime retrouver, avec ses vieux compagnons de forge et de mécanique.

L’arrangement conclu à l’époque de Madame Casimir Perrier afin de couvrir les frais d’entretien de l’école, gratuite à hauteur d’une rente annuelle de 800 francs, tenue par les Sœurs de la Congrégation de la Province d’Evreux perdura. C’est ainsi qu’en remerciement les « Religieuses de Condé » rédigeront un parchemin, enluminé avec charme et grâce qui retrace de façon émouvante la biographie et les « bienfaits » de François Cavé. Hommage des « Sœurs de Condé » à F. Cavé.



Le 14 septembre 1870, les envahisseurs allemands firent leur apparition à CONDE. Le Colonel du Génie réquisitionna, dès son arrivée, pour son usage personnel, la voiture de maître du château et fit abattre, dans le parc et sur le territoire de la Commune, les arbres destinés à la reconstruction du pont du chemin de fer sur la Marne à ISLES LES VILLENOY. Ainsi, le 25 février 1871, il fut enlevé du parc du château 35 sapins pour l’ornementation de la gare d’Esbly au passage du Roi de WURTEMBERG.

Après le décès de François Cavé le 06 mars 1875, son épouse Charlotte-Fanny continuera à y habiter, durant près de vingt ans, jusqu’à sa mort en 1893. La propriété sera rapidement vendue le 1er juin 1893 à Nicolas-Frédéric-DESIRE BARBIER pour la somme de 205 320 francs.

Pour information, Nicolas Barbier (1834-1912) fut le fondateur et l’un des dirigeants de la société « Barbier Bernard et Turenne » (plus connue sous le signe BBT). Cette société fut spécialisée dans la fabrication des phares, des appareils d’optique et des systèmes d’éclairage. Elle sera le leader mondial dans le domaine des phares à la fin du XIXe siècle et construira près de 1 400 appareils répartis dans le monde entier.

A partir de 1913, le château fut la propriété de la famille TURENNE jusqu’en 1961.

A cette date, le château fut vendu sur licitation, à Marius GROSJEAN qui entreprit une grande campagne de réfection (1959 à 1981) totale du gros œuvre, des planchers des menuiseries extérieures, de l’intégralité de la charpente et des toitures.

Il créa également dans le parc du château, le plus beau centre de caravaning d’Europe, dénommé LE SUPER-CARAVANING-CLUB du parc du CHÂTEAU DE CONDÉ, ouvrant ainsi les portes de la nature et de la joie à des centaines de familles.

En 1981, Marius GROJEAN reçu une proposition d’achat émanant du Comité d’Action Social (CAS) de l’EDF qu’il accepta.

Par la suite, le comité transforma le parc du Château en espace loisir pour les familles des salariés de l’entreprise avec un mini-golf, des espaces pique-nique et un terrain de pétanque.

Le 11 Octobre 2019, Arribas France fit l’acquisition du château de Condé-Sainte-Libiaire.

A ce jour, Arribas France travaille de part sa manufacture dans le plus grand secret à la réalisation d’objets de collections en verre à venir découvrir. Aussi, venez donc admirer notre nouvelle génération de souffleurs de verre Arribas pratiquer ce métier rare et exigeant.